L'idée du Tramway m'est venue lors d'une discussion avec le responsable départemental d'une importante organisation défendant la cause du handicap.
Il est vrai que les handicapés moteurs n'ont pas d'accès aménagés dans les transports en commun sauf avec le tramway dont les voitures ont un planché au ras du sol.
Sans connaître la taille de la population berruyère dans cette situation, on ne peut néanmoins pas fonder un tel investissement à cette seule fin, aussi légitime soit elle.
En approfondissant le sujet avec quelques spécialistes locaux de l'équipement, la triple vocation du tramway est alors clairement apparue sous forme de liens entre les quartiers de notre cité.
Lien social tout d'abord, reprenant bien sûr la réflexion initiale sur le handicap mais en l'élargissant au champ de la mobilité réduite tant pour des raisons d'âge (adolescents, troisième et quatrième âge) que pour des raisons économiques (la densification du nombre de personne transportée est importante selon les expériences déjà vécues et permet une plus grande capacité d'exonération pour les plus démunis).
Lien économique ensuite, le tramway autorise des parcours transversaux nord/sud et est/ouest améliorant notamment les flux professionnels et commerciaux. On pourrait plus facilement aller d'une zone commerciale à une autre et mieux comparer les prix sans surcoût de transport. Certains quartiers pourraient même trouver un nouveau souffle grâce à leur compétitivité tarifaire particulièrement dans l'alimentaire.
Lien écologique par évidence, le tramway étant sans conteste le mode de transport en commun le moins polluant et le moins gaspilleur d'énergie.
Reste à envisager la partie financière d'un tel projet.
A partir de deux lignes pré étudiées d'environ 13 kilomètres au total, l'investissement serait de l'ordre de 100 millions d'euros "amortissables" sur 25 à 30 ans. En tenant compte des intérêts d'emprunt et des coûts d'exploitation, il en coûterait entre 4,5 et 6 millions d'euros par an, soit autant de trajet à 1,20€ (1 € + TVA) par trajet.
Pour mémoire, les transports en commun actuels de la ville de BOURGES représentent 10 millions de trajets chaque année.
Au surplus, le Grenelle de l'environnement semble rendre possible un co-financement de l'Etat pour 1500 kilomètres de ligne en France.
Avec le TGV, ce nouveau projet peut paraître superfétatoire.
Au contraire, je considère qu'il matérialise la cohérence d'une politique ambitieuse tendant à sortir BOURGES de son enclavement par le TGV et les quartiers du leur par le tramway.
Bourges, une ville interactive à l'extérieur comme à l'intérieur.
Philippe BENSAC