TGV-AEROPORT-AUTOROUTE...CONCURRENCE D'EGO, INCOHERENCE ET LIMITE
Venant de prendre connaissance du compte-rendu du Sénateur POINTEREAU rédigé à l'issue de sa rencontre avec le Secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique BUSSEREAU, je ne peux que me réjouir des intentions affichées.
1/ Remise à l'ordre du jour des termes de notre combat "BOURGES-TGV" pour la construction d'une Ligne à Grande Vitesse (LGV) en Y renversé dont un barreau rejoindrait CLERMONT-FERRAND puis SAINT ETIENNE et LYON et un second rallierait CHATEAUROUX, LIMOGES et BRIVE (Toulouse préférant être relié à Bordeaux plutôt qu'à Limoges) pour positionner le Cher comme "noeud ferroviaire" nord/centre/nord à grande vitesse.
2/ Garantie de la tenue du débat public concernant l'autoroute Bourges-Auxerre-Troyes.
3/ Par ailleurs, la Chambre de Commerce et d'Industrie du Cher désire depuis plusieurs années doter l'aéro...drome de Bourges d'une liaison régulière vers PARIS, CLERMONT-FERRAND puis LYON.
Voilà pour le transit voyageurs.
Le transport marchandise n'est pas en reste avec la nécessaire réorganisation du pôle frêt de la SNCF, archi déficitaire, et soutenu par l'Etat français au moyen d'une subvention annuelle de 10 milliards d'euros*.
Il faut effectivement repenser cette activité, y compris dans notre région, en développant les opérateurs régionaux privés pour les lignes secondaires.
Et pourquoi ne pas transformer la ligne Nantes-Lyon-Nantes en maillon fort d'une ligne internationale et transcontinentale ATLANTIQUE/ ITALIE/TURQUIE spécialisée dans le FERROUTAGE, alors que ce segment de marché est d'ores et déjà ouvert à la concurrence et permet d'additionner les clients ?
Devant cette abondance de projets de désenclavement, il convient dans un premier temps de se réjouir car les 50 dernières années ont brillé par le renoncement des élites locales à toute forme d'ouverture.
Et surtout, que l'on objecte pas de l'autoroute A71, les négociations et les pressions ayant été autrement plus portées par les élus de CLERMONT-FERRAND et de MONTPELLIER que par les communistes au pouvoir à BOURGES et VIERZON dans les années 80 (ouverture du tronçon SALBRIS/BOURGES le 29/06/1989 postérieurement aux tronçons venant de CLERMONT FERRAND et leur nombreux ouvrages d'art (1988/1989) et après 9 ans de stagnation (100 kilomètres construits), soit l'ouverture du tronçon Orléans/olivet le 26/03/1980).
Pour s'en convaincre, il suffit d'intégrer l'inanité de la présence d'une seule sortie d'autoroute à Bourges, conquise politiquement "par hasard" donc restituable, contre deux à Vierzon, fief communiste à défendre entre tous.
ALORS LE BERRY EST IL SUR LA BONNE VOIE ?
J'ai bien peur que nos vieux démons nous rattrappent.
Démons sous forme de concurrence d'ego entre l'Indre et le Cher, voire entre catalyseurs institutionnels, d'incohérence dans la gestion et l'ordonnancement des projets, de limitation de nos aptitudes à séduire les financeurs.
Je plaide évidemment pour un grand plan rail spécialisé en BERRY, nord/centre/nord alliant vitesse et confort pour les voyageurs et impliquant une grande gare TGV dans le Cher vers Mehun/Foecy, ouest/sud est/ouest pour un frêt international rentable et productif en bases logisitiques locales (hubs VIERZON/BOURGES).
En terme (auto)routier, cela permettrait de justifier une seconde entrée/sortie d'autoroute au nord de Bourges donnant plus d'efficience à la rocade en fin de bouclage nord, d'orienter la liaison autoroutière prévue au futur? débat public vers la solution raisonnable sur tous les plans (économique, financier, sociologique, agricole et surtout environnemental) d'une 2x2 voies empruntant le tracé des routes actuelles de liaisons interurbaines (Poitiers, Châteauroux, Auxerre, Troyes).
Les deux projets réunissant parfaitement les deux capitales berrichonnes.
Dans ce contexte, nous pouvons (devons) laisser à nos amis de l'Indre les droits du ciel.
A quoi bon investir dans un équipement étriqué alors que nous pourrions atteindre à terme un AEROPORT pouvant recevoir tout type d'avion en 10 minutes par le rail et 30 minutes par la 2x2 voies, DEOLS se trouvant orienté vers le Cher ?
L'aérodrome de Bourges est un outil intéressant sur le plan de l'aviation de plaisance et éventuellement l'aviation d'affaires...privées.
Fidèle à mes principes libéraux, je ne professe aucune exclusion, juste un peu de méthode.
Philippe BENSAC
* extrait de l'article paru dans le FIGARO du 12 avril 2007.
Dix milliards d'euros de subventions
« La situation dramatique du fret plonge en fait le système ferroviaire français dans un état de quasi-faillite, analyse une source proche de la SNCF. Seuls les 10 milliards d'euros de subventions publiques versés chaque année maintiennent la SNCF en vie. » Les affres du fret ont d'ailleurs touché Réseau ferré de France (RFF), l'établissement propriétaire et gestionnaires des voies. Il a publié en fin de semaine dernière une perte nette de 283,4 millions d'euros, le double de l'an dernier. « Le fret ne représente que 7 % de nos recettes commerciales, rappelle Patrick Persuy, directeur financier de RFF, mais il a pesé sur nos résultats. »
Hier, le conseil d'administration a aussi permis à la SNCF d'entériner la création d'une caisse de retraite autonome. Ce changement a été adopté malgré l'opposition des représentants des syndicats SUD-Rail et Unsa. Il était pourtant rendu nécessaire là encore par le passage aux normes comptables IFRS. Elles imposent à la SNCF de provisionner 3 milliards d'euros d'engagements pour la prévoyance et 111 milliards d'euros pour les retraites. Ce que l'entreprise ne pouvait se permettre. La direction a rappelé que l'externalisation de la caisse de retraite ne remettrait pas en cause le régime spécial des cheminots. Il devrait en revanche donner à l'entreprise publique une bouffée d'oxygène. Elle n'aura plus à négocier le sujet des retraites de front avec les questions salariales.